AU SOIR DE MA VIE.

AU SOIR DE MA VIE.

Au soir de ma vie.
Après avoir sillonné le chemin tortueux de mon pèlerinage.
J’arrive à une étrange rive à la lisière d’une forêt d’un feuillage naissant.
Je m’y arrête me relaxant sur les prés verts fleuris.
De mes yeux, je parcours l’itinéraire de mon existence terrestre.
Au loin dans l’horizon le paysage se montre variant ; fait de haut et des bas.
Pris d’un mystérieux sommeil ; j’ignore si je suis dans un songe ou réalité.
Une main, qui ne m’est pas étrangère m’emporte par la main.
Elle me dit : « cesse de regarder derrière toi et suis-moi. »
Tout léger, je me lève et me laisse conduire.
Devant moi ; sous les arbres d’un vert pastel se dissimule un océan de jacinthes sauvages.
Quelques anémones forestières blanches s’y mélangent.
Tapis de fleurs qui par une danse ventée semble être une mer clémente au sein d’un sous-bois printanier.
Poussé, d’une force inconnue je suis happé d’une allée lumineuse.
Serai-je en train de me noyer dans cet or bleu parfumé d’une délicieuse odeur ?
Pendant ce temps, une faille se creuse au plus profond de moi-même.
Un combat intérieur s’impose quand l’au-delà me parait si proche.
Une illumination ignorée profite de cette petite ouverture pour pénétrer au plus profond de moi-même.
Le chant des oiseaux transformer en anges célestes rappelle mon essence.
Combien de temps encore fais-je résister à tenir mon cœur fermé ?
Malgré ma porte close au travers de mes ombres je ressens la chaleur extérieure.
Quand mon désir décide enfin d’ouvrir mon portail.
Triste de constater que mon cœur reste, verrouiller.
Lâchant prise j’ai crié et prié.
Tellement que j’ai pleuré, que de mes larmes décidément le verrou s’est déverrouillé.
Un embrassement jaillissant illuminait mon jardin clos éclairant toute la beauté de mon âme ; effaçant toute salissure.
Au cœur de ma closerie, un sycomore inusité enraciné dans le ciel me permit de me désaltérer à volonté de ses figuiers.
Fruits nourrissant mon âme affamée d’une connaissance tant recherchée.
La nouvelle Ève de son sein maternel me dépouille de mon vieux manteau charnel.
Débarrassée de tous mes biens, elle m’escorte au nouvel Adam.
Comme le vigneron, il me soigne, de mes blessures, tel un cépage me libère de toutes mes morts.
Finirai-je par portée du fruit ?
Mais non ; je dois d’abord me laisser laver de son eau et m’abandonner à l’ivresse de son vin nouveau.
Aveuglé de cette transfiguration ; c’est une main paternelle qui me vêtit d’un vêtement de lumière avant de me couvrir d’un amour jamais atteint.
À cet instant naît en moi un être ressuscité.

3090 OVERIJSE (Belgica) le dimanche 26 juin 2016.
www.lemmiath.com

Thierry MAFFEI.

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